Véritable phénomène, Elephant Man alias « The Energy God » est aujourd’hui une des figures incontournables du dancehall. Ancien membre du Scare Dem Crew avec Harry Toddler, il a su se créer son propre style et se retrouve régulièrement propulsé au top de tous les charts mondiaux avec des tubes que seul lui connait la recette !

Elephant Man, cela fait un moment que tu représentes le Dancehall à travers le monde... mais comment as-tu débuté ?
Yeah ! J’ai débuté vraiment en 1993, avec le « Scare Dem Crew », un collectif d’artistes dancehall monté par Bounty Killer, au moment où il explosait toutes les scènes jamaïcaines, avec Harry Toddler et Nitty Kutchie. A l’époque, c’était assez difficile de se faire connaître individuellement, donc l’idée de Killer était de monter un groupe pour que l’on se fasse connaître ensemble et par la suite essayer de percer chacun de son côté. Quand Harry a décidé de partir, le Scare Dem Crew s’est séparé, j’ai alors lancé ma carrière solo. Quelques gros titres comme : « Log On », « Comin’ 4 You »,
« Pon de River » m’ont aidés à me faire connaître hors de la Jamaïque.
Je suppose qu’on te le demande souvent... Mais pourquoi avoir choisi comme nom de scène « Elephant Man » ?
On me pose souvent cette question en interview et même dans la rue (Rires). J’ai même entendu des rumeurs qui disaient que c’était à cause de mon anatomie... ce qui n’est pas tout à fait faux !
(Rires). En fait, quand j’étais jeune, on m’appelait « Dumbo » à cause de mes grandes oreilles, ensuite mon ami Crack Skull et Shabba Ranks m’ont surnommé « Elephant Man » toujours à cause de mes oreilles... Le blase est resté et je le porte bien... donc voilà !
Quels sont les artistes qui ont influencé ta carrière musicale ?
Celui qui a d’abord influencé ma carrière c’est Bounty Killer. Quand tu entendais un son de Killer, tout de suite tu savais que c’était lui... il a son style et c’est à ce résultat que je voulais arriver dans un premier temps. Je ne voulais pas que lorsqu’on écoutait un de mes sons qu’on se dise : « Ah tiens ! Il est bon celui la, c’est qui ? ».
Pour ça j’ai travaillé ma voix et mon « flow », mais aussi inventé quelques mots qui identifient mon style, du genre : « Scoobay » .
Le 19 Décembre, tu seras en Guadeloupe pour un show exceptionnel. A quoi doit-on s’attendre en terme de spectacle ?
A du Elephant Man tout simplement ! J’ai ma personnalité sur scène, mon caractère. On aime ou on n’aime pas... mais ça sera du
« High Level » car il ne faut jamais décevoir son public ! Si tu parles en terme de musique, on va alterner les gros hits et les très gros hits. Mixer le tout avec de « l’Energy Dance » pour faire participer le public, si quelqu’un arrive à s’ennuyer, c’est qu’il ne connaît pas la culture dancehall et la porte de sortie lui reste grande ouverte !
Ce n’est pas la première fois que tu viens sur notre île, que retiens-tu de tes différents passages ici ?
Gwada, c’est une terre de culture, de connaissance et de champion. A chacun, de mes passages le public était présent et c’est très chaud ici. Le public guadeloupéen connaît le dancehall, et tous les artistes jamaïcains qui viennent ici, savent qu’ils sont face à un public de connaisseurs... on ne peut pas mentir sur scène, il faut donner tout ce qu’on a !

Tu fais partie des pionniers du Dancehall. Mais on les entend de moins en moins... sauf toi ! Comment expliques-tu cette longévité ?
C’est l’énergie que tu mets dans tes textes et sur scène qui font que tu seras apprécié ou pas du public. Tant que tu es apprécié et que tu montres que tu es toujours présent, il n’y a pas de problème.
Tu es un personnage atypique du Reggae/Dancehall... Comment définirais-tu ton style ?
Je n’ai pas vraiment de mot à mettre sur mon style. Mais on peut dire que c’est un style accrocheur, comique, gangsters certaines fois... Je m’inspire de tout ce qui se passe autour de moi pour faire quelque chose d’unique... Tu es sur scène et tu vois un avion passé alors tu inventes le « Signal Di Plane », c’est un peu ça Elephant Man. Il faut te démarquer des autres pour avoir ton style !
Le Dancehall est né en Jamaïque et aujourd’hui, cette musique est écoutée à travers le monde. Quels sont les ingrédients qui font le succès de ce style musical ?
C’est une musique de danse, tu as tout ce qu’il faut pour bouger sur du dancehall. Je pense que son succès vient de là, la danse c’est universel !
Avec des artistes comme Mavado, par exemple... la relève est assurée ! Mais comment juges-tu cette nouvelle génération d’artiste ?
Il n’y a pas que Mavado... vous serez surpris par tous ceux qui se préparent à arriver ! Chaque génération vit avec son temps, c’est difficile de juger, quand j’ai débuté on ne parlait pas d’internet et de téléphone dans nos textes... maintenant ce sont des textes qui parlent aux jeunes !
Ce que je veux te dire c’est que chacun passe un message à travers ses chansons, qu’il soit bon ou pas... ensuite c’est au public de juger si l’artiste vaut le coup d’être suivi !
Merci pour cette interview, tes derniers mots seront pour nos lecteurs afin qu’ils viennent mettre le feu avec toi le 19 Décembre.
Gwada Yuth ! Si vous voulez prendre votre pied, ça se passe le 19 Décembre, dans une ambiance positive ! « The Energy God » sera là et va redéfinir votre conception du spectacle !
Un bon conseil reposez-vous bien avant le show... (Rires). Good to go !
• Remerciement : Stanley X. (R.F)
• Interview : Gody « Rimsey » Franklyn